vendredi 14 août 2009

Envies de fraises ? (II) Vite, vite, c’est presque fini… Verrines, barquettes et bonbons

Les dernières fraises sont plus rares et attirent moins le regard que d’autres fruits nouveaux comme la mirabelle, la quetsche, les premières pommes, mais aussi les pêches et les derniers abricots… A croire que la nature se lasse aussi vite de ses parures que notre imagination pour garnir de gourmandes assiettes.

Petit tour d’horizon de petites bricoles rapides à faire à partir de quelques fraises grappillées au fond du jardin et de restes glanés dans les coins profonds de nos sombres placards…

Verrines de fraises sur mousse au chocolat blanc


Faire fondre 180 g. de chocolat blanc (veiller à ce qu’il ne dépasse jamais 41° C, sinon c’est râpé !). Fouetter 20 cl de crème fraîche liquide. Incorporer délicatement le chocolat fondu à la crème fouettée. Remplir des verrines et entreposer au réfrigérateur au moins 4 heures (ou toute une nuit).

Au moment du dressage, couper 250 g. de fraises fraîches en quartiers et les déposer sur la crème. Il est inutile de sucrer les fraises, la mousse s’en chargera !

Barquettes à la fraise


Il vous reste un peu de pâte sucrée ou de pâte sablée ? Une lichette de confiture de fraise ? Des moules en forme de madeleines ? Voici un goûter rapide à préparer !

Pour 1 petite quantité de pâte sucrée :
- 80 g. de farine,
- 10 g. de fécule de pomme de terre,
- 45 g. de sucre glace,
- 65 g. de beurre mou,
- 17 g. de poudre d’amande,
- 1 petite pincée de sel fin,
- 25 g. d'œuf.

Travailler le beurre et le sucre jusqu’à obtenir une pâte blanche. Ajouter l’œuf, le sucre, la pincée de sel, puis la farine, la fécule et la poudre d'amande. Pourquoi dans cet ordre ? La réponse est ici. Quand tous les ingrédients sont bien mélangés, mettre en boule et déposer cette boule entre deux feuilles de papier sulfurisé. Etaler la pâte sur une hauteur de 2 mm environ (super, ça s’étale tout seul !) et la déposer à plat au frigo pendant au moins 1 heure. Pourquoi la réfrigérer ? La réponse se trouve . On peut aussi envisager un passage de trente minutes au congélateur. Le délai écoulé, foncer des moules à madeleines. Piquer la pâte à l’aide d’une fourchette (sans la transpercer). Poser un cercle de papier sulfurisé sur le fond de votre pâte, garnir le tout de pois chiches. Réfrigérer 1 heure. Enfourner à 200° C en chaleur traditionnelle pendant une dizaine de minutes (surveiller la cuisson, cela cuit et colore très vite).

Laisser refroidir avant de démouler et de déposer une cuillère à soupe de confiture de fraise dans les creux. Et recouvrir de paillettes de violettes de Toulouse pour la déco.

Vous connaissez peut-être déjà cette recette, j'ai trouvé cette recette bien après Eryn... Et pourtant j'étais persuadée d'avoir eu une idée super originale ! Euh... ben non.

Bonbons à la fraise


Cette recette est la plus longue des trois, il faut procéder par étapes et la première consiste à réaliser une ganache au chocolat blanc et à la fraise destinée à fourrer vos bonbons.

Pour cela il faut :
- 150 g. de fraises lavées, équeutées et coupées en dés,
- 1 c. à s. de sucre semoule,
- 150 g de chocolat blanc fondu au bain marie.

Verser les fraises dans une casserole. Saupoudrer de sucre et faire chauffer. Quand le sucre a fondu , arrêter la cuisson. Mixer.
Mélanger la purée de fraise au chocolat blanc fondu. Laisser figer à température ambiante pendant 1 heure.

Attaquons maintenant la réalisation des bonbons en tant que tels.

Râper 400 g. de chocolat de couverture ivoire à l'aide d'un grand couteau afin d'obtenir des copeaux. Faire fondre les 2/3 du chocolat au bain-marie. Dès que le chocolat atteint 40° C, retirer le récipient du bain-marie, ajouter le chocolat restant, mélanger doucement jusqu'à une fonte complète et laisser descendre la température à 27° C. Placer à nouveau le récipient au bai-marie et réchauffer à 29° C, sans dépasser cette température.

Cele s'appelle tempérer le chocolat. On obtient alors un chocolat brillant qui se conserve mieux grâce à la cristallisation du beurre de cacao. Cette technique de professionnel ne vous interdit pas de recourir à une chocolatière pour aller plus vite ou de faire fondre l'intégralité du chocolat au bain-marie en une fois, en faisant cependant toujours attention de ne pas dépasser les 41° C. Si vous choisissez une méthode plus rapide, les chocolats seront moins brillants, blanchiront peut-être un peu et ne se détacheront peut-être pas parfaitement des moules. Attention, les degrés indiqués sont différents si on choisit de réaliser ces bonbons avec du chocolat au lait (respectivement 44° C, puis 28° C et enfin 30° C) ou du chocolat noir (52° C, 29° C, 32° C).

Badigeonner des moules à chocolat (ou de petites empreintes siliconées) au pinceau pour une première couche de chocolat. Lorsque le chocolat commence à durcir (10 à 15 minutes, selon la température de la cuisine), appliquer une deuxième couche de chocolat. Faire durcir. Remplir de ganache, puis recouvrir du reste de chocolat blanc avec une louche ou une cuillère. Lisser le dessus de la plaque ou des empreintes avec une spatule en se plaçant au-dessus d'un récipient pour récupérer le chocolat qui s'écoule. Laisser durcir 1 heure à température ambiante. Retourner la plaque sur le plan de travail. Donner un ou deux coups secs dessus, les chocolats se détacheront sans difficulté.

lundi 3 août 2009

Fondant noir et blanc


Il y a quelques semaines, à l’occasion d’un atelier Demarle, mes yeux sont tombés sur une photo diaboliquement gourmande qui ornait une des pages du catalogue. Voici la réalisation en question avec quelques modifications. C’est un dessert très facile à faire, mais qui nécessite du temps. Prévoyez une matinée pour le faire, peut-être moins, cela dépendra de votre dextérité à détailler des tablettes de chocolat en petits morceaux. Je vous conseille à ce sujet l’acquisition d’un appareil qui rend la pâtisserie plus facile et vous économise des casseroles et… beaucoup de vaisselle : une chocolatière. Le chocolat est mis à bonne température pendant que vous vous occupez du reste. Ce n’est pas un investissement à la Madoff : cet achat coûte une poignée d’euros à peine ! Le carton est assez petit et n’encombre pas les placards à l’instar d’un plat à asperges. Cette chocolatière sert même à réaliser des fondues au chocolat… Bref, pour une chocoholic, elle a tout pour elle. Dernière chose : ce fondant est certes garanti sans beurre et sans œuf. Mais la recette contient surtout beaucoup, beaucoup de chocolat. Et même plus encore. Aussi, si ce fondant est réellement délicieux, fondant et croquant, il n’en est pas moins riche, très riche… comme le salon d’un nabab décoré avec force lustres en cristal, marbres et dorures ! Avis aux amateurs (miam) !


Ingrédients pour le croustillant praliné :
65 g. de gavottes
50 g. de chocolat au lait
40 g. de chocolat blanc
80 g. de praliné

Ingrédients pour le glaçage au chocolat noir :
290 g. de chocolat noir

Ingrédients pour la mousse au chocolat noir :
160 g. de chocolat noir
40 g. de lait tiède
200 g. de crème liquide

Ingrédients pour la mousse au chocolat blanc :
210 g. de crème fraîche liquide
180 g. de chocolat blanc


Préparation du croustillant praliné :
Broyer les gavottes. Faire fondre les chocolats puis ajouter le praliné. Verser le mélange fondu sur les gavottes. Verser la préparation dans un moule en silicone carré (20 cm x 20 cm) et faire durcir 30 minutes au congélateur. Démouler dès la sortie du congélateur et entreposer au réfrigérateur pendant la poursuite de la recette.

Réalisation de la coque au chocolat noir :
Faire fondre le chocolat noir en prenant soin à ce qu’il ne dépasse jamais 41° C.
Avec le pinceau, tapisser les bords et le fond du moule en silicone de chocolat. Laisser durcir le chocolat une dizaine de minutes à température ambiante, puis tapisser d’une deuxième couche. Entreposer la coque au réfrigérateur.


Préparation de la mousse au chocolat noir :
Faire fondre 160 g. de chocolat noir. Ajouter le lait tiède au mélange (cela va assouplir le chocolat et faciliter l’incorporation de la crème fouettée).
Monter la crème liquide en chantilly ferme. Incorporer la crème au chocolat à l’aide d’une maryse. Garnir le moule de la mousse au chocolat. Réfrigérer.

Confection de la mousse au chocolat blanc :
Faire fondre 180 g. de chocolat blanc. Monter 210 g. de crème liquide en chantilly et l’incorporer délicatement au chocolat fondu.
Terminer de garnir le moule avec la mousse au chocolat blanc.

Placer le croustillant praliné dessus puis laisser au réfrigérateur 4 heures (ou idéalement toute une nuit) avant de démouler.

lundi 27 juillet 2009

Lemon curd et variations


Dans le dernier ouvrage de Sergi Pàmies on y apprend que manger un citron sans faire de grimace permet de voir tous ses vœux se réaliser. Si tu manges un citron sans faire de grimaces est d’ailleurs le titre du livre en question. Il est cependant difficile d’avoir envie de manger un citron à pleines dents. Je ne prétends pas que le jeu n’en vaut pas la chandelle ! Manger un citron est plus facile à faire que trouver une lampe magique hébergeant un génie ou le ticket gagnant à la loterie. Et finalement, c’est un moindre mal, un rêve démocratique, juste, à portée de tous. Grincer des dents en esquissant un sourire, n’est-ce pas finalement la clé de toute réussite ? Pourtant très joli à regarder, cet agrume a une acidité propre à se faire hérisser toute langue non avertie ! Le lemon curd est une crème anglaise au citron suffisamment épaisse pour que l’on puisse la tartiner (en cas de panne de Nutella) ou la cuisiner dans diverses pâtisseries. Peu disposée à grincer des dents, j’étais assez réservée quant à cette fameuse crème au citron. Et puis, je me suis laissée tenter par de beaux agrumes non traités, bien jaunes, bien ronds, bien parfumés. Il est désormais tout à fait imaginable de manger du citron avec un sourire béat grâce aux trois recettes gourmandes et faciles que je vous livre ! Et peut-être de voir vos désirs s’accomplir un jour… Mais ça, c’est une autre histoire.

Pour réaliser le lemon curd, j'ai suivi à la lettre la recette de Pierre Hermé. Il faut d’abord prélever le zeste de 3 citrons puis les presser afin d’obtenir 100 g de jus de citron. Dans un saladier à part, on mélange 2 jaunes d’œufs, 135 g. de sucre semoule et le jus des citrons. Le mélange doit être cuit au bain marie jusqu’à ce qu’il atteigne 83° C (ce sont les limites de l’ébullition : au-delà, les œufs vont cuire et se dissocier des autres ingrédients). On dépose le saladier dans un fond d’eau froide afin de refroidir rapidement le mélange. Quand la préparation a tiédi (55° C), il faut filtrer le mélange dans une passoire, puis y incorporer 165 g. de beurre mou découpé en petits morceaux en remuant vigoureusement jusqu’à ce que la crème soit bien homogène. Le lemon curd doit reposer au frais au moins 2 heures avant d’être utilisé.

Moelleux pistache cœur de citron (sans gluten)


Pour réaliser 6 moelleux à la pistache au cœur de citron, il faut mélanger 100 g. de poudre de pistache, 100 g. de sucre, 2 œufs, 80 g. de crème liquide et 70 g. de beurre. Réserver au frais.

Remplir 6 bacs à glaçons de lemon curd et placer au congélateur pendant une heure jusqu’à ce que les inserts soient bien durs.

Remplir de préparation 6 moules en silicone (ou 6 moules à muffins garnis de caissettes en papier) et ce jusqu’à mi-hauteur. Déposer au milieu les inserts de lemon curd glacé. Recouvrir du reste de préparation.

Et enfourner aussitôt 10 minutes à 200° C. Ces moelleux se consomment chauds (avec un cœur bien liquide) ou froids (moins coulants, mais tout aussi fondants).


Roulé au lemon curd

Séparer le blanc du jaune de 6 œufs. Fouetter les jaunes et 3 blancs avec 75 g. de sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse et mousse. Monter en neige ferme 3 blancs en y incorporant 75 g. de sucre. Incorporer aux jaunes en soulevant délicatement la préparation. Procéder progressivement : mettre un peu de blanc monté en neige dans la pâte pour l’alléger, puis incorporer la totalité de la préparation avec une spatule. Ajouter enfin 75 g. de farine tamisée. Etaler régulièrement la pâte à biscuit sur une plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé. Cuire à 180° C en chaleur tournante une dizaine de minutes (sous surveillance).

L’essentiel de la recette consiste à bien fouetter la préparation : il faut introduire un maximum de bulles d’air dans la pâte pour qu’elle gonfle bien à la cuisson. Pour ce faire, le fouet du batteur doit être bien incliné : un fouet tenu verticalement n’arrivera pas à créer suffisamment de petites bulles d’air. Il ne faut pas non plus trop fouetter les blancs sinon ils vont cuire, l’eau va se dissocier des protéines et on parlera alors de grainage des blancs. Pour éviter une telle mésaventure, il faut battre les œufs à faible vitesse, y verser du sucre semoule en 2 ou 3 étapes ou utiliser des blancs d’œufs au repos depuis quelques jours (conservés au frigo dans une boîte hermétique). Pourquoi les blancs d’œufs montent-ils en neige ? C’est comme une émulsion : l’air se mélange à l’eau contenue dans les blancs d’œufs et les protéines de l’œuf enrobent les bulles d’air dans l’eau.

Démouler quelques minutes après la sortie du four sur une feuille de silicone recouverte de sucre en poudre et rouler le gâteau sur lui-même. Laissez refroidir avant de garnir de lemon curd.

Tarte au citron givré et au chocolat blanc


Préparer un fond de pâte sucrée aux noisettes (remplacer la poudre d’amande par de la poudre de noisette). Laisser refroidir.

Hacher finement 180 g. de chocolat blanc et faire fondre au bain marie. Porter 50 cl de lait entier à ébullition et incorporer au chocolat blanc. Fouetter 3 jaunes d’œufs avec 50 g. de sucre jusqu’à ce que la préparation blanchisse. Verser le mélange obtenu dans le lait et cuire jusqu’à 83° C (la crème ne doit pas bouillir). Laisser refroidir complètement en mettant la casserole dans un fond d’eau froide puis au frigo. Mettre à glacer (suivre le mode d’emploi de votre sorbetière).

Remplir le fond de pâte de lemon curd et recouvrir de glace au chocolat blanc.

vendredi 17 juillet 2009

Les tartines d'Alba Pezone


Il est de ces rencontres chaleureuses qui vous marquent profondément sans trouver les mots pour le dire. Pourtant… la cuisine est une histoire de mots. Je cite Alba Pezone, une gourmande sincère et on ne peut plus pétillante qui vous invite à découvrir la cuisine italienne dans ce qu’elle a de plus authentique et de meilleur. Ses cours de cuisine sont magiques : si vous avez la chance d’habiter à Paris ou en région parisienne, courez-y si ce n’est pas déjà fait !

Je vous invite pour ma part à partager un petit déjeuner inoubliable avec Alba. Inutile de vous demander si vous connaissez le Nutella. Vous aimez ;-) ? Alba a trouvé encore meilleur ! Une pâte à tartiner au chocolat blanc délicieusement parfumé à l’huile d’olive qui accompagne à merveille ses délicieux macarons parisiens… ou un morceau de baguette fraîche dont je m’en vais vous donner la recette, fruit de nombreuses tentatives parfois désespérées !

Mais commençons dans l’ordre ainsi qu’Alba le conseille : il est préférable de préparer votre pâte à tartiner blanche à l’avance, idéalement la veille de la dégustation des tartines en question, au 2e jour de fabrication de votre levain (voir plus loin).

Faire fondre au bain marie 150 g. de chocolat de couverture Ivoire de bonne qualité. Les chocolats blancs que l’on trouve dans les supermarchés ne sont pas appropriés et il vaut mieux acheter un produit de bonne qualité, certes plus cher mais dont le coût se justifie pour tout un tas de raisons : réapprendre le goût des bonnes choses, acheter moins mais mieux, se faire plaisir et non pas se gaver… Je reprends : faire fondre au bain marie 150 g. de chocolat de couverture Ivoire avec 65 g. de crème liquide (pas allégée) et un quart de gousse de vanille fendue et grattée (vous pouvez laisser les gousses dans la ganache, elles lui donneront encore plus de saveur). Le geste doit être souple sinon l’air va oxyder le chocolat. Attention aussi à ce que le chocolat ne cuise pas, la température maximale conseillée pour qu’il fonde est 40° C. Au-delà, il y aura des grumeaux : le beurre de chocolat va se dissocier des autres ingrédients, il sera impossible de les ré-amalgamer même en laissant refroidir le tout.

Retirer du feu le mélange et laisser refroidir quelques minutes avant d’incorporer 100 g. d’huile d’olive très parfumée (première pression à froid, origine italienne, cela va de soi ;-)). Bien mélanger le tout et laisser figer à température ambiante. Puis filmer (pas avant sinon la ganache va transpirer) et réserver jusqu’au lendemain pour la dégustation de vos tartines.


La baguette est un de ces clichés qui collent à la France et plus particulièrement à Paris. Au même titre que le vin, le béret ou le fromage, elle est un symbole alors même qu’il existe bien d’autres variétés délicieuses de pains français. Mais ce pain demeure unique de par sa forme et sa recette.

On raconte parfois que la baguette est née à l’occasion des grandes campagnes napoléoniennes, à la fin du XVIIIe siècle. Jusqu’alors, les pains étaient grands et ronds. La forme oblongue aurait été inventée afin de rendre le pain plus facilement transportable par les soldats lesquels pouvaient le glisser dans une poche de leur pantalon. Un examen de portraits d’époque des soldats de l’Empire et des uniformes suffit à démontrer que ça n’était cependant pas possible. La baguette aurait gêné le soldat pendant sa journée de marche et elle aurait probablement été en mauvais état à l’arrivée. Cette hypothèse est donc à écarter. Voyez ci-dessous des costumes d’époque exhibés à l’occasion de la célébration annuelle de la bataille de Waterloo (prise au début de ce mois) : ces grognards sont formels, pas de place pour une baguette dans leurs vêtements !


L’origine de la baguette de pain serait en fait un peu plus tardive, remontant aux années 1830 lorsque le pain viennois est introduit en France. Ce pain long, à base de levure de bière (et non de levain : cette pâte lève beaucoup plus vite et nécessite moins de temps de travail), de farine de gruau et de lait, est cuit selon un nouveau procédé (le four à vapeur) qui permet l’apparition rapide d’une croûte : c’est un pain plus cher, plus raffiné aussi et qui serait l’ancêtre de la baguette. La recette et le mode de cuisson au four à vapeur ont été élaborés par August Zang, qui ouvre à Paris, en 1838 ou 1839, la Boulangerie Viennoise au 92 rue de Richelieu (devenue aujourd’hui un bar…). Il y propose son pain viennois, mais aussi des Kipferl, dont la forme est à l’origine du non moins célèbre croissant ! (cf. Jim Chevallier, August Zang and the French Croissant: How Viennoiserie Came to France).

La baguette actuelle ne voit cependant pas encore le jour. Il faut attendre de nouveaux fours, la mise au point de diverses techniques permettant de faire lever le pain plus rapidement sans levain, ni pâte fermentée, et une évolution des mœurs et des lois. En effet, ce serait à la suite d’une loi interdisant aux boulangers le travail entre 10 heures du soir et 4 heures du matin, ce qui ne laissait pas le temps de préparer leur pain traditionnel que les boulangers auraient fini d’élaborer la baguette que nous connaissons aujourd’hui (Loi tendant à la suppression du travail de nuit dans les boulangeries du 28 mars 1919, publiée au JORF du 30 mars 1919 p. 3252).

Parce que ces pains blancs dits de fantaisie sont détaxés et parce que les habitudes alimentaires des citadins changent, le pain long se répand peu à peu en ville. Sa composition change : le lait est supprimé ce qui abaisse les coûts de production et par conséquent, le prix de vente. Le pain viennois ainsi transformé devient un pain de travailleur, acheté quotidiennement du fait de son prix modeste et aussi de sa mauvaise conservation.

Après un retour au pain noir lors de la Première Guerre mondiale, la baguette des années trente atteint l’apogée de sa qualité et de sa consommation. C’est à partir de cette période que naît véritablement le mythe français de la baguette. Ce pain symbolise la simplicité et la convivialité française. Acheter sa baguette est un geste quotidien, basique mais goûteux. On en profite pour discuter avec des rencontres fortuites à la boulangerie et manger les extrémités de sa baguette. Le succès du film de Marcel Pagnol, La Femme du boulanger, sorti en 1938, a sans doute participé à cette notoriété de la baguette.

Si la baguette évoque un moment de simplicité et de convivialité, il ne s’agit pourtant pas de badiner avec la recette. Depuis le décret n° 93-1074 du 13 septembre 1993, l’appellation baguette de tradition française répond à une définition stricte précisée par le décret n° 97-917 du 1er octobre 1997.

La technologie française de panification se caractérise par une formule de fabrication extrêmement simple (farine de blé 100 unités, eau 60 unités, sel 2 unités, et un agent de fermentation : levure de panification ou levain naturel en quantités suffisantes). Comparativement à d’autres recettes étrangères, il faut noter l’absence de matières grasses, de sucre ou de produits laitiers. De plus, les pratiques boulangères françaises tendent de plus à plus à prévoir des durées de fermentation suffisamment longues pour générer des arômes typiques, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays, lorsque la durée totale de fabrication n’excède pas deux heures. Enfin, la croûte croustillante est déterminante d’une bonne baguette parisienne, même si elle ne garde ses vertus que très peu de temps ! Les boulangers en sont conscients et ont développé des techniques pour reproduire rapidement ce croustillant unique et éphémère.


Pour obtenir de belles baguettes, je commence par réaliser un levain d’après une recette d’Eric Kayser (cf. Tartinez gourmand avec Eric Kayser, Editions Minerva, 2009). Ce levain est simplissime à faire, autrement dit inratable. Il donne au pain une mie bien aérée aux alvéoles irrégulières et au goût unique. En fait, ce levain liquide fonctionne un peu comme une poolish (sans levure), ce qui explique son succès.

Jour 1 : je mélange 150 g. de farine T65 (mais on pourrait envisager un tant pour tant T65 – farine de seigle) et 150 g. d’eau à 30° C. Je recouvre d’un film plastique et laisse reposer à température ambiante toute une journée en remuant avec une cuillère en bois toutes les 3 heures environ, histoire d’activer la fermentation.

Jour 2 : j’ajoute au mélange précédent 50 g. de farine, 50 g. d’eau à 30° C et 10 g. de sucre (qui active bien la préparation) et laisse fermenter une journée entière de plus, en remuant le mélange toutes les 3 heures. Au bout de la 2e nuit, le levain est prêt à être utilisé. Le résultat est liquide et a une odeur et un goût acides assez particuliers. Goûtez : n’avez-vous pas l’impression de sentir déjà le goût spécifique de certains pains à l’ancienne ?

Je le conserve dans une boîte en plastique bien fermée, le laisse dans un coin de la cuisine peu exposé aux courants d’air et à la chaleur. J’y ajoute 100 g. d’eau à température ambiante et 100 g. de farine tous les 5 jours à peu près. Ce levain peut se garder très longtemps à condition de le « nourrir » régulièrement.

Voici ma recette pour réaliser 2 belles baguettes parisiennes (jour 3) :

Délayer 5 g. de levure du boulanger dans 27 cl d’eau fraîche mais pas trop (20° C, conseille Eric Kayser). Pendant ce temps, mélanger 500 g. de farine T65 et 100 g. de levain. La technique de l’hydrolyse (mélanger la farine puis l’eau et attendre 1 heure que l’amidon soit bien activé) peut être utilisée, certains boulangers y recourent d’autres pas. Il y a presque débat en la matière. A vous de voir. Moi, je n’y vois pas grand intérêt, mais ma farine y est peut-être pour beaucoup. La T55 ne donnera pas un goût très prononcé à votre baguette. Elle lui donnera également une autre texture. Je vous conseille donc la T65 pour un goût typiquement « à l’ancienne ».

J’ajoute l’eau dans laquelle j’ai dissous la levure et pétris le tout au robot (avec le crochet) pendant 15 minutes (je compte 15 minutes à partir du moment où la pâte a un aspect bien lisse) avant de rajouter 10 g. de sel. Au début, la pâte n’a pas beaucoup d’allure. C’est au fur et à mesure du pétrissage qu’elle se lisse, devient moins brillante et plus facile à travailler (pour la machine). La texture de la pâte est très importante pour faire du bon pain, elle se détermine au juger. Parfois, il est utile de rajouter une pincée (ou 2) de farine pour obtenir une belle texture, souple mais surtout pas collante. Cela tient à peu de chose.

Quand votre pâte est bien élastique, souple et surtout pas collante, versez-la dans un saladier dont le fond est légèrement fariné et jetez sur le dessus de la pâte une poignée de farine. Recouvrir d’un film en plastique (pour éviter l’apparition d’une croûte) et laisser reposer 45 minutes à température ambiante.

Dégazer légèrement la boule, nettoyer le surplus de farine et couper le pâton en 2 morceaux de même taille, façonner en boules et laisser reposer 45 minutes sur du papier sulfurisé légèrement recouvert de farine. Saupoudrer les pâtons de farine et déposer l’ensemble dans le four ou le micro ondes porte fermée (toujours pour éviter l’apparition d’une croûte).

Façonner les boules en forme de baguettes en les roulant de la même manière qu’un rouleau à pâtisserie et en insistant bien sur les pointes pour obtenir des extrémités pointues. Plus la baguette sera fine, mieux cela sera puisqu’elle va gonfler. Déposer les baguettes sur une plaque recouverte de papier sulfurisé légèrement fariné et laisser lever dans le four (éteint : cet environnement fermé évite les courants d’air qui empêchent à la pâte de lever et évite également l’apparition d’une croûte). Cela peut prendre 45 minutes, 1 heure voire 1h30 avant que vos baguettes soient bien dodues. A vous de voir.

Je les sors du four puis préchauffe ce dernier à 300° C en chaleur traditionnelle. Je dépose un moule à tarte vide (en aluminium, surtout pas en verre : le choc thermique va le faire exploser au contact de l’eau !) sur la sole du four.

Je saupoudre légèrement de farine les baguettes et donne plusieurs (idéalement 4, qui se chevauchent et sont comme 4 grands pointillés de 10 cm partant d’une pointe de la baguette en direction de l’autre pointe, chaque grigne devant chevaucher l’autre tout en restant séparée de 1 cm) coups de cutter bien aiguisé (la lame doit être légèrement humide pour mieux trancher) assez profonds (1,5 cm) sur chaque baguette. C’est l’étape la plus difficile parce qu’elle est déterminante de l’esthétique de votre pain : rien ne vaut l’entraînement et les échecs pour obtenir enfin de belles grignes !

Je verse 2 verres d’eau dans le moule à tarte (20 cl pas plus) : cela fait plein de buée, mais pas trop. Cette buée va permettre aux baguettes d’avoir une belle croûte très croustillante. Trop de buée ramollit les baguettes et donne un résultat inverse.

Je laisse cuire 15-20 minutes, en jetant un œil de temps à autre pour vérifier que les baguettes ne brunissent pas trop.

Quand je les sors du four, je les déplace du bout des doigts (protégés tout de même) et les dépose sur une toile épaisse : elles vont suer pendant 30 minutes environ (le CO2 contenu dans la mie va être évacué et remplacé par l’air ambiant) et cette transpiration va être absorbée par la toile en coton épais (sinon le dessous sera tout ramolli).


Voilà, mes baguettes sont prêtes à recueillir la précieuse pâte à tartiner d’Alba… Bonne dégustation !

mardi 19 mai 2009

Tarte à la rhubarbe pour une rencontre avec le chef étoilé Eric Westermann


Ou comment j'en suis arrivée à préparer une tarte à la rhubarbe après avoir discuter des attraits du merlan avec le chef étoilé Eric Westermann...

Je ne sais pas pour vous, mais le merlan m’évoque toujours la cantine et ses batailles de petits pois calibrés comme des kumquats… teintés en vert. Il va falloir sérieusement réviser mes classiques ! Regardez un peu plus bas, cette maison presque dissimulée dans son précieux écrin de verdure, à deux pas des institutions européennes, en plein coeur de Strasbourg. Ses beaux colombages n’attirent pas seulement le regard du promeneur intrigué par les cigognes du parc de l’Orangerie qui nichent sur la toiture. Ici, le gourmet d’Alsace marque également une pause gourmande. Ces murs abritent une des cuisines les plus réputées de la région, créée en 1970 par un père – Antoine –, reprise par son fils – Eric –. Antoine a remis les clés de l’établissement à Eric et cédé ses 3 étoiles en février 2007 pour de nouvelles aventures parisiennes. Le jeune chef a quant à lui décroché sa première étoile quelques mois seulement après son arrivée à la tête du Buerehiesel.

Ce mot alsacien imprononçable pour les non-autochtones signifie petite maison du paysan. Si la maison qui accueille ce restaurant n’a rien de monumental par sa taille, elle a cependant une histoire très originale puisque bâtie au XVIIe siècle, elle a été démontée de toutes pièces et transportée depuis Molsheim (village situé à 20 km de Strasbourg) à l’occasion de l’exposition industrielle de 1895 organisée dans le parc de l’Orangerie nouvellement créé pour cet événement. C’est une maison traditionnelle alsacienne avec colombages restaurée notamment par l’adjonction d’un superbe jardin d’hiver qui offre une vue exceptionnelle sur le parc. Cette véranda affiche une décoration relativement moderne même si la pièce a conservé ses colombages d’origine.

Je voulais en savoir un peu plus sur cette famille de gastronomes et ma curiosité a été largement satisfaite au cours d'un entretien très chaleureux et sympathique (encore mille mercis !). Pour Eric, choisir de travailler dans la restauration comme son père et son grand-père n’était ni un hasard, ni une fatalité. Dans la famille Westermann, on est (naît ?) gourmet et gourmand. On aime le partage et les tablées conviviales, recevoir et donner du plaisir. Ils en ont fait leur métier : un métier d’art et de passion qui a besoin des autres pour se réaliser. Personne ne cherche à se distinguer : c’est la passion du métier teintée de l’air du temps qui les démarque naturellement. Et la différence de prix pratiqués par le nouveau chef est un élément clé. La carte est réellement abordable et à l’image de ce que recherche Eric : il ne triche ni sur la qualité ni sur les quantités, mais vise un style plus simple, plus décontracté qui colle à un public désireux de davantage de convivialité.

Le Buerehiesel est à l’image de son nouveau chef : chaleureux et accueillant. Et c'est bien l'atmosphère qui régnait au cours de notre entrevue. Eric se présente comme un modeste artisan dont le savoir-faire lui permet de mettre en valeur de beaux et bons produits acquis auprès de fournisseurs de confiance. C’est ainsi que l’idée de présenter du merlan sur la carte s’est peu à peu imposée. En effet, ce poisson négligé (et pour cause !) gagne à être choisi, assaisonné et cuisiné avec un soin particulier (et pas mixé, broyé et roulé dans la chapelure à la truelle avant d'être brûlé dans une friteuse à vidanger !). Et là, quelle explosion de saveurs ! Le Crillon ne s’y est pas trompé et se lance à son tour dans l’aventure du merlan… On peut également découvrir ou redécouvrir le mulet de roche, les écrevisses, le homard.... De beaux produits mis en valeur par une bonne cuisson, un assaisonnement adéquat et une tablée chaleureuse, voilà en somme la recette du bonheur selon Eric Westermann (finalement, la bonne cuisine, c’est presque trop facile ;-) !).

La carte du Buerehiesel s’adapte aux produits de saison. Reflet de notre époque : manger des fraises en hiver n’est plus synonyme de luxe, mais de bêtise écologique et gustative. Toujours dans cette idée d’épure, de convivialité, de retour aux sources, ici, vous ne trouverez ni dorures, ni chichis et encore moins de cuisine moléculaire. Aucun artifice ne doit dissimuler un bon plat, maquiller un moment de plaisir (quoique... du merlan déguisé en drag queen... ok j'arrête ;-) !). On peut saucer allègrement son assiette avec le délicieux pain de la maison sans craindre d’attirer le regard désapprobateur de serveurs exaspérés par un manque de savoir-vivre. Ah et ce pain maison… La croûte des petits pains de seigle, quel régal !

Parlons enfin desserts puisque c’est mon dada… Eric ne saurait résister à une bonne crème glacée ou à des fruits de saison aux arômes éveillés par une préparation de circonstance. Croquer dans de la rhubarbe crue, la présenter en salade accompagnée de sucre imbibé de jus de fraises, c’est à la fois minimaliste et savoureux à l’extrême. J’étais littéralement conquise ! Au Buerehiesel, on croque à pleines dents dans un bonheur spécialement mitonné pour vous par un jeune chef entouré d’une brigade de passionnés qui ont la tête et le cœur dans les étoiles et les pieds sur terre. Avec des cigognes pour voisines… Que demander de plus ? Euh... une tarte à la rhubarbe ;-) ?

C'est à l'issue de cet entretien gourmand qu'une nouvelle envie quasi irrésistible de rhubarbe s'est fait sentir. De la rhubarbe, certes (ou encore ;-) !), pas sous n'importe quelle forme. Eric venait de me parler de rhubarbe crue, je l'avais goûtée mais c'est vers mes souvenirs que mes babines se sont tournées. La tarte à la rhubarbe est un dessert de l’enfance au goût persistant et à la saveur acide inoubliable que le sucre peinait à masquer… Avec sa couleur bien verte. Oui, j’ai découvert que la rhubarbe pouvait être rouge sur les blogs et dans les livres de Jamie Oliver ou de Nigella Lawson. Mais dans mon jardin, la rhubarbe y était verte, comme une salade ou une banale tige. Et pas moins bonne ! Les tiges étaient rouges jusqu’à mi hauteur, et encore… Mais quelles tiges, bien grosses et parfumées ! C’est aussi sur les blogs que j’ai découvert que la rhubarbe se cuisinait comme un légume ! Aurais-je vécu pendant tout ce temps à des années lumière de toute trace de civilisation et de progrès ?

La tarte à la rhubarbe était un de mes desserts préférés parce que cette tarte résonnait comme une énigme : comment la rendre plus douce, moins aqueuse, plus jolie aussi. Aucun dessert ne vous triture jamais les méninges ? Mon rubik’s cube culinaire est enfin terminé. Quelque chose va manquer maintenant, c’est sûr !

Pour 1 fond de tarte en pâte sucrée :

- 80 g. de farine,
- 10 g. de fécule de pomme de terre,
- 45 g. de sucre glace,
- 65 g. de beurre mou,
- 17 g. de poudre d’amande,
- 1 petite pincée de sel fin,
- 25 g. d'œuf.

Travailler le beurre et le sucre jusqu’à obtenir une pâte blanche. Ajouter l’œuf, la pincée de sel, la poudre d'amande, puis la farine et la fécule. Pourquoi dans cet ordre ? En incorporant d’abord l’œuf au sucre, celui-ci absorbe l’eau qui ne peut plus alors servir de liant ni aux protéines du gluten ni aux grains d’amidon, évitant ainsi que la pâte ne devienne filasse. La pâte est souple et malléable.

Quand tous les ingrédients sont bien mélangés, mettre en boule et déposer cette boule entre deux feuilles de papier sulfurisé. Etaler la pâte sur une hauteur de 2 mm environ (super, ça s’étale tout seul !) et la déposer à plat au frigo pendant au moins 1 heure. Pourquoi la réfrigérer ? La farine contient des grains d’amidon et des protéines (dont celle du fameux gluten) qui forment un réseau élastique quand la pâte est travaillée avec l’eau pendant un certain temps (pâte à pain). Ce réseau de gluten retient les bulles de gaz carbonique qui fait gonfler la pâte à pain, mais provoque la rétractation des autres pâtes à la cuisson. Le repos permet donc aux protéines étirées telles des chewing gum, de reprendre leur forme. De plus, les grains d’amidon ne gonflent et ne se soudent les uns aux autres qu’assez lentement à température ambiante. Le repos au frais favorisera la soudure qui donnera sa cohésion à la pâte. On peut aussi envisager un passage de trente minutes au congélateur.

Le délai écoulé, découper un cercle de pâte de la taille de votre cercle à pâtisserie. Poser le cercle sur un moule à tarte recouvert de papier sulfurisé. Reposer le cercle. Puis tailler de fines bandes de pâtes pour faire les bords de la tarte. Piquer la pâte à l’aide d’une fourchette (sans la transpercer). Poser un cercle de papier sulfurisé sur le fond de votre pâte, garnir le tout de pois chiches (c’est tellement plus joli et moins cher que les billes en céramique ; conservés dans un pot en confiture ou une jolie boîte en verre, c’est même décoratif). Réfrigérer 1 heure.

Enfourner à 200° C en chaleur traditionnelle pendant 10 à 15 minutes (surveiller la cuisson, dès que les bords commencent à dorer, c’est cuit).

Laisser refroidir avant de démouler.


Pour la garniture à la rhubarbe :

Globalement, il semblerait que nous mangions trop acide et que l’excès d’acidité serait fortement néfaste pour nos petits corps. Cela tombe bien, je n’aime pas manger trop acide : un peu, pas trop. La rhubarbe par exemple me fait grincer des dents si elle n’est pas adoucie par le traitement que je lui fais subir !

Eplucher une botte de rhubarbe en enlevant bien tous les filaments. Couper en morceaux, mettre dans un saladier, couvrir de sucre (100 à 150 g. à vue de nez), remuer et faire macérer au frigo pendant une nuit (12 heures). La rhubarbe va peu à peu rendre une bonne partie de son eau (vous verrez, c'est surprenant toutes ces réserves d'eau).

Verser la rhubarbe (sans l’eau) dans une casserole et faire cuire à feu doux pendant 20 à 30 minutes. Laisser refroidir.

Verser la compote de rhubarbe sur le fond de pâte. Décorer de fraises fraîches, lavées et équeutées. Et voilà, c'est tout simple, mais quel délice !

lundi 11 mai 2009

Madeleines


La madeleine de Commercy porterait le prénom d'une jeune soubrette officiant au château de Commercy, la résidence secondaire du duc Stanislas Leszczynski, roi de Pologne. Un soir de réception, dans les années 1750, une dispute aurait éclaté entre l'intendant et le cuisinier, lequel cuisinier aurait rendu son tablier en emportant le dessert. Le dîner du duc semblait compromis quand Madeleine aurait alors proposé de préparer un gâteau selon la recette qu'elle tenait de sa grand-mère. Faute de mieux, on fut bien obligé d'accepter ce petit gâteau dodu parfumé à la bergamote... qui remporta un fier succès !

Il faut cependant savoir que cette petite légende n'est pas entièrement infondée. Le roi de Pologne était très gourmand. Pour le satisfaire, les cuisiniers de Stanislas rivalisaient d’imagination. On leur doit notamment quelques desserts passés depuis à la postérité comme le baba au rhum. La mode étant aux turqueries : pensez aux croissants, aux gâteaux dits chinois, aux kouglofs... Avec sa forme de coquillage, la madeleine s'inscrirait assez bien dans cette mouvance.

Mais selon d'autres sources très incertaines et qui remettraient en cause la célèbre légende, la madeleine remonterait aux origines du pélerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, quand une jeune fille (devinez son prénom ;-)), aurait offert aux pèlerins un gâteau moulé dans une coquille Saint-Jacques, l'emblème du pélerinage...

Il faut malheureusement reconnaître que le créateur de ce petit gâteau a disparu avec son secret et ce, sans laisser d'autre trace derrière lui que celle de la madeleine.

Après la mort de Stanislas, en 1766, l’un de ses pâtissiers s’installe à son compte et lance la fabrication de la madeleine à Commercy. L'engouement n'est cependant pas spectaculaire. Le conditionnement par douzaine, dans des boîtes en sapin des Vosges, puis en hêtre, contribuent largement à la vente de la madeleine. C'est le train qui va jouer un rôle déterminant pour la notoriété du petit biscuit. En effet, le nombre de madeleiniers va littéralement exploser avec l’arrivée de la ligne de chemin de fer Paris – Strasbourg, en 1852. Un arrêté préfectoral autorisera même en 1874 la vente de madeleines sur le quai de la gare. Les transactions se font à chaque arrêt par les fenêtres ouvertes des wagons ! L’arrêt à la gare de Commercy devient alors incontournable. Cette tradition perdurera jusqu’à la moitié du XXe siècle.

L'écrivain Marcel Proust fait intervenir la madeleine dans une scène célèbre du roman Du côté de chez Swann. Le gâteau, trempé dans une tasse de thé au tilleul, permet de revivre brusquement quelques instants de l'enfance. La métaphore a largement été reprise depuis. Mais les brouillons du roman révèlent qu'à l'origine, c'est une tranche de pain grillé qui aurait dû être trempée dans le thé... et là, ça change tout !



Recette pour une vingtaine de madeleines :

- 2 oeufs (50 g. chacun) à température ambiante,
- 100 g. de sucre,
- 200 g. de farine,
- 1/2 sachet de levure chimique,
- 1/2 c. à c. de bicarbonate de soude,
- quelques gouttes d'huile essentielle de bergamote,
- 80 g. de beurre demi-sel en pommade.

Faire préchauffer le four à 250° C.

Mélanger le beurre mou et le sucre. Quand le mélange est bien blanc et homogène, ajouter les jaunes d'oeufs. Ajouter la farine, la poudre à lever, le bicarbonate et les quelques gouttes d'huile essentielle (3-4).

Emulsionner les blancs d'oeufs. Ajouter à la préparation. La pâte doit être bien lisse.

Remplir les moules aux 2/3 de leur hauteur?

Cuire à 250° C pendant 5 minutes, puis descendre à 165° C pendant 5 minutes maximum.


lundi 4 mai 2009

Envies de fraises ? (I) Tarte au chocolat blanc et à la fraise - Pâte de fraise


Voilà, j'ai craqué... Mes premières fraises de l'année. Sucrées, parfumées à souhait. Un tel ravissement pour les yeux et le palais que mes envies de dessert se sont multipliées à l'infini... Les fraises inspirent ma gourmandise ! Au diable les bikinis ! Il y a plus passionnant que se pâmer devant son reflet. Je vaux mieux que cela ;-) !

Tarte au chocolat blanc et à la fraise


Ingrédients pour la pâte sablée :

- 65 g. de sucre semoule,
- 125 g. de farine T45,
- 65 g. de beurre pommade,
- 25 g. d'oeuf à température ambiante.

Mélanger l'oeuf et le sucre. Ajouter le beurre, puis la farine. Rendre le tout bien homogène, rouler la pâte en boule et l'aplatir au rouleau à pâtisserie entre 2 feuilles de papier sulfurisé. Réfrigérer au moins 2 heures.

Abaisser la pâte dans un cercle à pâtisserie, piquer la pâte de quelques coups de fourchette sans la traverser. Réfrigérer 30 minutes.

Déposer un cercle de papier sulfurisé dans le fond de la tarte, recouvrir de pois chiches et enfourner dans un four à 200° C pendant 15 minutes (surveiller la cuisson). Laisser refroidir.

Pendant ce temps, préparer la ganache au chocolat blanc et à la fraise.

Ingrédients pour la ganache au chocolat blanc et à la fraise :

- 150 g. de fraises lavées, équeutées et coupées en dés,
- 1 c. à s. de sucre semoule,
- 150 g de chocolat blanc fondu au bain marie.

Verser les fraises dans une casserole. Saupoudrer de sucre et faire chauffer. Quand le sucre a fondu , arrêter la cuisson. Mixer.

Mélanger la purée de fraise au chocolat blanc fondu. Laisser figer à température ambiante pendant une heure.

Verser la ganache sur le fond de tarte, lisser le dessus et décorer d'un gerbera rose (non comestible).


Pâte de fraise

Ingrédients pour une vingtaine de carrés de pâte :

- 250 g. de fraises lavées, équeutées et coupées en cubes,
- 250 g. de sucre semoule,
- 4 g. d'agar agar,
- sucre cristallisé.


Verser les cubes de fraises dans une casserole, recouvrir de sucre et faire bouillir pendant 10 minutes. Ajouter l'agar agar 1 minute avant la fin de la cuisson. Mixer.

Poser une feuille de papier sulfurisé sur un moule à tarte et par-dessus un rectangle sans fond. Couler la pâte dedans, lisser le dessus et laisser refroidir. Découper des carrés de pâte et rouler ces arrés dans une assiette de sucre cristallisé.

Ces carrés se conservent une semaine dans une boîte hermétique.